Interview : Claire Billaud

Interview : Claire Billaud

Bonjour Claire. Te voici de retour après 4 ans d’absence chez Mü avec un nouveau roman, L’étrange affaire Nottinger. Mais qu’as-tu fait depuis 2014 ?
Déjà, j’ai travaillé à temps plein comme informaticienne pendant ces quatre ans, ce qui m’a évidemment pris une bonne partie de mon temps.
Mais côté écriture, je ne suis pas restée inactive ! L’étrange affaire Nottinger (comme la plupart de mes romans) m’a pris un an entier à écrire. De plus il a mis quelque temps à être publié, mais ça m’a permis d’enchaîner en parallèle avec l’écriture d’un autre roman, Moortopia, inspiré de l’engouement pour le radium qui a frappé le monde occidental après la découverte de la radioactivité et de la curiethérapie.
Et comme Moortopia aussi est terminé, je suis déjà bien avancée sur un autre roman, Dernière Course. Cette fois encore, changement total de décor : il s’agit d’anticipation très proche du présent, à la limite de la hard SF, qui aura pour cadre une course automobile transcontinentale américaine dont la dernière participante en date est une cyborg.
Et en plus de tout cela, il y a eu deux participations au NaNoWrimo : Dead End City en 2015 et La Passion et l’Opéra en 2016, ainsi que quelques nouvelles qui sont sur Atramenta.

L’étrange affaire Nottinger sort le 14 mars prochain. Du Don d’Osiris à un hommage à HP Lovecraft et l’appel de Cthulhu, il y a un fossé que tu n’as pas hésité à franchir. D’où vient cette envie d’écrire sur les angoisses lovecraftiennes ?
Je n’aime pas écrire deux fois de suite dans le même univers, je suis une voyageuse du temps et des dimensions qui a un besoin viscéral d’explorer toujours de nouveaux mondes.
L’appel de Cthulhu et moi, c’est une longue histoire, j’ai lu des romans inspirés des mythologies lovecraftiennes à différents moments de ma vie, et surtout j’ai joué au jeu de rôle quand j’étais en école d’ingénieurs (d’ailleurs, depuis quelque temps, les livres du jeu de rôle sont à nouveau à la maison bien qu’ils soient encore inutilisés), et les monstres innommables et les pertes progressives de santé mentale des protagonistes m’ont toujours marquée.
Pourtant, au tout début, je n’étais pas spécialement partie pour écrire dans cet univers. Le déclencheur de L’étrange affaire Nottinger a été un rêve dont l’élément principal était un jeune homme nommé Edward Nottinger, qui était mort et qui ne pouvait apparaître que dans les rêves. Ce n’est qu’après que j’ai « connecté » cette notion de mort-vivant un peu particulier avec celles des œuvres de Lovecraft, pas seulement le mythe de Cthulhu mais aussi un peu de Herbert West Reanimator (je vous laisse chercher où se trouve la référence dans L’étrange affaire Nottinger…). J’ai trouvé que ça s’articulait très bien, alors j’ai continué comme ça.
Le fait de jouer à des jeux de société sur des thèmes lovecraftiens, très à la mode actuellement, a achevé de poser le contexte, ainsi que le fait que le 80e anniversaire de la mort de Lovecraft soit tombé le 15 mars 2017 (L’étrange affaire Nottinger sortira presque exactement pour son 81e anniversaire !)

Il existe beaucoup de variations sur l’univers développé par Lovecraft, y en a-t-il une qui te plaît particulièrement ?
Toutes les variations m’ont marquée à leur manière, mais au niveau littéraire, c’est le cycle de Titus Crow de Brian Lumley qui se détache le plus dans mes souvenirs, sans doute parce que ses héros n’ont pas peur de voyager à travers les dimensions et de combattre les créatures du mythe. La trace de Cthulhu d’August Derleth est aussi une excellente inspiration pour une quête plus ou moins désespérée où « Celui dont on ne prononce pas le nom » intervient à tout moment.
Les jeux de société sur le thème pullulent aussi en ce moment et j’ai beaucoup de plaisir à y jouer, quelques-uns en vrac : Cthulhu Wars, Pandemic – Le règne de Cthulhu, Kingsport Festival ou encore Les Montagnes hallucinées, je les conseille tous à ceux qui ont envie de se faire plaisir entre amis sur le thème de Lovecraft.

Que lit Claire Billaud en ce moment ? Que peux-tu nous dire de cette lecture ?
En ce moment, je fais dans l’historique, avec De deux roses l’une de Juliette Benzoni, qui comme son nom l’indique, se déroule en Angleterre à l’époque de la Guerre des Deux Roses qui opposa les Lancaster et les York (et qui a inspiré celle entre les Lannister et les Stark dans Game of Thrones !) le tout du point de vue de la reine d’Angleterre Marguerite d’Anjou.
C’est une bonne plongée dans une époque sur laquelle je n’avais pas encore lu grand-chose, même si l’écriture est parfois bizarre et a tendance à divulguer la suite sans vraiment de raison. Mais le dernier passage que j’ai lu m’oblige à laisser une petite note pour ceux qui lisent en général : ne donnez jamais l’apparence de quelqu’un que vous aimez à un personnage, il aura toutes les chances de se faire tuer prématurément et sauvagement. Et c’est évidemment particulièrement valable pour L’étrange affaire Nottinger !

As-tu des projets d’écriture pour les années à venir ? Peux-tu déjà nous en parler ?
Outre Dernière Course que je dois terminer maintenant que je l’ai bien commencé (j’ai déjà écrit près de 30000 mots et c’est loin d’être fini), il y a un roman qui me trotte dans la tête depuis un moment et que je n’ai jamais commencé, La Vierge de métal, qui serait du post-apocalyptique mêlant technologies étranges d’origine extra-terrestre et religion omniprésente. J’ai beaucoup de notes sur les différentes factions et protagonistes et leurs secrets, mais il faut encore que je me mette à l’écriture proprement dite. Peut-être après Dernière Course, à moins qu’une autre idée ne vienne me faire changer d’avis d’ici là. Il se pourrait aussi que je me remette au NaNoWriMo à la fin de l’année 2018 après une interruption en 2017, mais je ne sais pas encore sur quel sujet ce sera.

Si tu devais donner envie à tes lecteurs d’acquérir L’étrange affaire Nottinger, que leur dirais-tu ?
L’étrange affaire Nottinger, c’est plus qu’un livre, c’est une grande aventure. Il y a beaucoup de choses qui ont contribué à ce livre, dont pas mal d’amour et beaucoup d’amitié ; je sais que ça ne se verra pas au premier coup d’œil, mais en tout cas vous y découvrirez une histoire à rebondissements dont les racines remontent loin dans le passé, dans un endroit qui a une très ancienne tradition de mystères en tous genres que vous explorerez avec les héros. Et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire, ce qui n’est pas peu dire.
Ah, et il y a des tentacules aussi…

Merci à Claire d’avoir répondu à cette petite interview.
L’étrange affaire Nottinger est en précommande jusqu’au 13 mars à minuit.
Pour tout achat avant cette date, vous recevrez en exclusivité Les chroniques Nottinger au format ePub qui vous permettront d’aller plus loin dans l’univers développé par l’autrice.

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