États Généraux de l’Imaginaire 2017 : bilan

États Généraux de l’Imaginaire 2017 : bilan

Les États Généraux de l’Imaginaire se sont tenus lors des Utopiales à Nantes sur le thème de la représentation du genre dans les médias. Un travail important a été menée pendant plusieurs mois par des bénévoles avec l’aide d’un certain nombre d’éditeurs présents dans la salle.

© Jean Emmanuel Aubert
4 novembre 2017. Neuf heure du matin.

Une salle pas tout à fait remplie mais une ambiance studieuse à l’écoute des intervenants principaux : Jérôme Vincent (d’ActuSF et son PowerPoint illisible qui nous a fait sourire) et Mathias Echenay (de la Volte pour la partie liée aux explications des médianes et aux interventions de la salle).

Plusieurs chiffres ont été brassés pendant la première heure. Quelques uns ont retenu toute notre attention.
Tout d’abord, il est constant que notre secteur a enregistré une perte sèche de près de trois millions de livres non vendus entre 2003 et 2016. Ce chiffre énorme est malgré tout à pondérer quand on observe qu’1,5 million de titres ont été perdus entre 2003 et 2006. C’est donc une érosion plus lente que nous observons sur les dix dernières années.
Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec une chute des ventes significatives pour les 1000 premières ventes de 2016.
Toutefois, il est important de rappeler que l’imaginaire représente 4,4% de la production de livres (hors jeunesse) pour une part de marché de 7,7%. Avec environ 1% de la représentation médiatique du livre, il convient de dire que nous ne nous en sortons pas si mal que ça et nous disposons, de fait, d’une dynamique forte malgré des freins médiatiques importants.
Enfin, le livre de poche démultiplie cette dynamique avec toujours de bons chiffres.

© Jean Emmanuel Aubert
4 novembre 2017. Une heure après.

Si la première partie s’est apparentée à une présentation des chiffres, une conférence en somme, la deuxième partie a laissé une large place aux réflexions du public et des professionnels présents. Évidemment, il s’agissait d’une première et nous avons dû passer par des prises de paroles libératrices. D’un meilleur travail avec les universités à la promotion auprès du pouvoir médiatique en passant par la représentation des couvertures dans l’imaginaire collectif et surtout la peur de perdre nos lecteurs par une ouverture trop importante… etc. Toutes ces questions et préoccupations ont été énoncées.

Pour Mü, il convient, face aux chiffres, de ne plus se poser la question des responsabilités collectives ou individuelles mais de développer de nouvelles offres plus en phase avec notre monde et ce que nous supposons être l’attente des professionnels indépendants et du grand public :

  • Redéfinir le marché de la distribution en ouvrant les portes de celle-ci aux indépendants dont les catalogues sont reconnus mais qui ne bénéficient pas encore de tirages suffisants pour contractualiser une diffusion ;
  • Revoir les conditions de rémunération de l’ensemble des acteurs de la chaine du livre pour ne plus entendre des éditeurs dire qu’ils ont de la chance de ne pas avoir perdu d’argent l’année précédente avec leur distributeur/diffuseur ;
  • Développer des interactions et des passerelles avec les autres formes d’art, ne pas les amener vers nous, mais aller vers eux ;
  • Créer de la médiation partout en France avec les éditeurs-trices, auteurs-trices, illustrateurs-trices et l’ensemble de nos partenaires prescripteurs : libraires, bibliothécaires, journalistes, centres scientifiques, collèges, lycées, universités etc.

De plus, le thème de ces premiers États Généraux étant notre visibilité dans les médias, nous avons présenté brièvement le projet de médiation culturelle que nous développons sur Lyon, La Maison de l’Imaginaire, un projet trans-disciplinaire (Arts et Sciences) autour des littératures de l’Imaginaire. Un projet de centre culturel visant à donner de la visibilité, mais aussi plus de légitimé au genre que nous affectionnons tous.

© Jean Emmanuel Aubert
4 novembre 2017. La fin nous appelle.

Avant de partir, nous devons parler du prolégomènes offert au SELF qui rappelait que si l’imaginaire manque de représentation dans la presse, à côté de ce fait, il y a des auteurs-trices qui n’arrivent plus à tirer une revenu décent (faute d’en vivre) de leurs écrits. Cet appel a été peu repris et Mea Culpa, nous ne l’avons pas fait également lors de notre intervention. C’est dommage car il nous rappelle que des sujets beaucoup plus importants nous attendent.
Autre inquiétude : la sous-représentation des petites ou micros maisons d’édition qui avaient là l’occasion de pouvoir faire passer un certain nombre de messages éclairants sur l’état des relations avec les bloggers, booktubers, libraires, journalistes etc. Louper de tels États Généraux, c’est laisser les autres décider pour nous.

Enfin, si une chose est à retenir de ces premiers États Généraux, c’est la dynamique que nous pouvons porter collectivement auprès de toutes et tous. Une structuration de ce mouvement est indubitablement à mettre en œuvre pour peser sur les questions que nous avons pu ouvrir lors de cette demie-journée.

Allons-y, tous ensemble. Nous prendrons notre part, à notre échelle, avec nos moyens mais quand on appartient à un secteur, qui plus est culturel, c’est le collectif qui gagne toujours sur les individualités.

L’équipe de Mü

Li-Cam & Cyberland

17 novembre 2017

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